Coin droit

COIN DROIT : VOTER OU NE PAS VOTER, LÀ EST LA QUESTION

SAINTE-ANNE-DES-MONTS, octobre 2015 — L'importance du geste dépend d'abord de la place que prennent les questions politiques et sociales dans nos valeurs personnelles, qu'on habite la Gaspésie ou n'importe quel autre endroit, non seulement au Canada, mais ailleurs dans le monde. Un individu concerné par ce qui se passe dans sa société a selon moi tout intérêt à prendre part au processus démocratique.

Par contre, on ne doit pas l'obliger à le faire. Quelques « esprits éclairés » veulent qu'une loi force les citoyens à se rendre aux urnes… sinon quoi? Ils seraient victimes de sanctions? Je m'oppose à cela! La décision de voter ou non dépend d'un choix personnel et nous n'avons pas à imposer quoi que ce soit sur ce plan.

Quand on pense à la démocratie, la Grèce antique nous vient à l'esprit, mais encore, nous oublions qu'à cette époque, ce n'était encore qu'une infime partie de la population qui avait ce droit, les métèques, les femmes et les esclaves n'avaient aucun mot à dire dans les décisions prises à Athènes. Un vote ne vaut peut-être pas grand-chose dans une grande balance, mais plusieurs parmi nous oublient trop vite tous les efforts qui ont été faits, durant des siècles, afin de permettre à tous les citoyens de se rendre aux urnes.

La démocratie est un système parmi les plus difficiles, parce qu'elle exige des citoyens qu'ils soient éduqués (autrement dit, qu'ils sachent quels sont les enjeux et qu'ils disposent d'un savoir suffisant pour se positionner par rapport à ceux-ci) et qu'ils s'engagent, en prenant part aux débats et au vote.

Au fur et à mesure que la population augmente et que la qualité de l'éducation décline (à mon avis du moins), j'ai l'impression que nos libertés démocratiques s'érodent également. Même les démocraties modernes, que l'on retrouve ici, en Amérique du Nord, comme en Europe, me semblent inexorablement en revenir à des modèles autoritaires impliquant la perte graduelle des libertés individuelles. Il est surprenant de constater à quel point des gouvernements supposément démocratiques ont, avec une relative facilitée, au cours des plus récentes décennies, pu lentement mais sûrement, retirer aux citoyens leurs droits et leurs libertés sans que ceux-ci s'en rendent compte.

Concernant finalement un choix éclairé fait par le citoyen qui insère son bulletin dans la boite, je persiste aussi à croire que notre système prépare mal le citoyen à ce geste. D'abord, parce que notre système éducatif a un penchant nettement gauchiste qui influe sur le mode de pensée des personnes qui y passent, et aussi parce que ce même mal touche nos médias, le pire exemple étant à mon avis Radio-Canada, le média qui devrait être le plus objectif de tous, parce que son financement est pris de force dans la poche de tous les contribuables, mais dont on peut clairement sentir le penchant vers la gauche sur les questions socialistes, syndicalistes, souverainistes et environnementales, entre autres.

Si nos écoles enseignaient vraiment le sens critique de manière objective, si nos médias penchaient moins dans la subjectivité, je suis convaincu que les résultats d'élections différeraient de ce que nous obtenons habituellement.

Je n'aurai pas à me rendre aux urnes le 19 octobre. J'ai déjà voté par anticipation. C'est une habitude que j'ai prise depuis plusieurs années déjà, afin d'avoir plus de liberté de mouvement le jour du vote.

Lorsque P.A. Beaulieu coche une case, il ne choisit pas la meilleure option, il choisit celle qui lui semble la moins pire. Le vote pour les élections fédérales 2015 n’a pas échappé à cette règle.

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NOTE SUR L'AUTEUR
Paul André, dit P.A Beaulieu, est né et habite à Sainte-Anne-des-Monts. Il a enseigné pendant une dizaine d’années aux niveaux primaire et secondaire au Québec et à Terre-Neuve. Il a aussi été animateur de radio en Haute-Gaspésie il y a quelques années. Il travaille actuellement dans le secteur privé et aime engendrer des débats dans ses temps libres. Chaque mois, comme représentant de l’idéologie de droite, P.A. Beaulieu s’oppose à Pascal Alain qui incarne pour sa part la pensée de la gauche, dans l’arène politique du GRAFFICI.CA.

NOTE DE LA RÉDACTION
Les blogueurs sur GRAFFICI.CA ne sont pas à l'emploi de l'entreprise. Ils ont tous accepté de s'engager, bénévolement, pour apporter une diversité de point de vue dans notre média et les opinions véhiculées dans ces textes n'engagent que leur signataire. Il en va de même pour les lettres ouvertes.

1 commentaire
Relojes Imitacion a écrit le 24 février 2019

Parce qu’il n’y a plus de gros monstre bleu caché sous mon lit. Un monstre imprévisible, insatiable, destructeur. Un monstre de censure, de manipulation, de coupures. Une bête conservatrice.

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