Santé, services sociaux et communautaire

Suicide : un taux régional qui demeure élevé

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Équiper son arme à feu d’un verrou de pontet est l’un des moyens de prévenir le suicide dans sa maisonnée.

Équiper son arme à feu d’un verrou de pontet est l’un des moyens de prévenir le suicide dans sa maisonnée. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ --  Le taux de suicide en Gaspésie et aux Îles demeure 38 % au-dessus de la moyenne provinciale, même s’il semble diminuer après avoir atteint un pic au début des années 2000. La région ne crie pas victoire et continue d’appliquer des mesures de prévention.

De 2009 à 2011, la Gaspésie et les Îles ont affiché un taux de 19,7 suicides par 100 000 habitants, comparativement à 14,3 dans l’ensemble du Québec. Le taux régional de 2000 à 2002 s’élevait à 22,3.

La tendance régionale semble à la baisse, mais vu les petits nombres compilés, les statistiques peuvent être trompeuses, avertit Suzanne Gérin-Lajoie, agente de planification en prévention du suicide à la Direction de la santé publique (DSP) Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Verrous de pontet

Pour une quatrième année consécutive, la DSP distribue 2000 verrous de pontet (cadenas à gâchette) dans les municipalités. Le but : rendre la maisonnée sécuritaire. « Peut-être que le propriétaire de l’arme à feu ne sera jamais suicidaire, mais son fils, un proche, un cousin, pourrait commettre un suicide [avec l’arme à feu] », explique Mme Gérin-Lajoie.
La présence d’une arme à feu dans une maison multiplie par cinq le risque de décès par suicide. « La plupart du temps, le passage à l’acte suicidaire est dans un moment d’impulsivité », indique Mme Gérin-Lajoie. Le simple fait que l’arme soit verrouillée peut donc sauver une vie.

Sentinelles

La région compte maintenant environ 200 sentinelles, des personnes formées pour détecter les personnes suicidaires dans leur milieu de travail ou leur milieu social et les référer vers les services adéquats.

Les personnes suicidaires sont aussi suivies de manière étroite. « C’est de les appeler ou de les rencontrer plusieurs fois par semaine, explique Mme Gérin-Lajoie. On intervient aussi auprès des personnes endeuillées par suicide parce qu’elles sont plus à risque. »
« Dans la grande majorité des cas, les gens retrouvent espoir, note Mme Gérin-Lajoie. […] Au fond, la question, c’est comment outiller les gens pour faire face à des situations difficiles. »

1 866 APPELLE

La ligne 1-866 APPELLE (1 866 277-3553) reçoit environ 1000 appels par an de la part de Gaspésiens et de Madelinots, qu’ils soient des personnes suicidaires ou des proches inquiets.

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