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Les rénovations du CH de Gaspé passent de 14 à 41 M$

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
C'est ici que devait se trouver l'urgence du CH de Gaspé, mais des contraintes au niveau du sol forcent son déplacement devant l'édifice.

C'est ici que devait se trouver l'urgence du CH de Gaspé, mais des contraintes au niveau du sol forcent son déplacement devant l'édifice. Photo : Nelson Sergerie

GASPÉ – Les normes standardisées du ministère de la Santé ont fortement sous-évalué les travaux à effectuer pour moderniser l'urgence, l'unité de soins intensifs et le bloc opératoire du centre hospitalier de Gaspé. Estimée à 14 M$ en mai 2013, la facture est passée à 41 M$, ce qui enclenche de nouvelles discussions entre Québec et l'administration du CSSS de la Côte-de-Gaspé dans un contexte de compressions budgétaires.

« Ce qui n'a pas été pris en compte dans le plan directeur immobilier, ce sont tous les coûts accessoires comme les coûts de contingence. En raison de l'ampleur des travaux, ce devra être un contracteur de l'extérieur. Les coûts de contingence, se sont les déplacements, les repas. C'est plus de 4 M$ », illustre la directrice générale du CSSS, Johanne Méthot.

Autre exemple : la nouvelle urgence devait être construite dans une nouvelle annexe, sur le stationnement arrière, mais la nature du sol force son déplacement sur le stationnement avant. « Ce sont des coûts qui n'ont pas été considérés. On parle plus de révision de coûts estimés que de dépassement de coûts », précise Mme Méthot.

Le projet a aussi été modifié en cours de route. La réadaptation a été retirée, mais la stérilisation, la médecine de jour et la chirurgie d'un jour ont été ajoutées.

« Étant donné que c'est une construction nouvelle, il y avait de nouvelles salles mécaniques à ajouter. Seulement cet élément, c'est 7,7 M$, ce qui ramène les coûts physiques à 20 M$. Ce qui n'est pas physique, c'est également 20 M$ », souligne Mme Méthot.

« Étant donné que l'établissement est tellement vétuste, il y avait énormément de travaux à faire. Le ministère a demandé un plan immobilier et l'établissement l'a fait selon les conformités du temps. C'est sûr qu'aux yeux de la population, lorsqu'on regarde les coûts révisés, c'est inquiétant », évoque Mme Méthot.

La semaine dernière, la direction de l'hôpital a rencontré le ministre régional Jean D'Amour et des membres du cabinet du ministre de la Santé afin d'exposer la situation. « Les gens regardent comment on peut aborder le dossier pour voir la faisabilité. Ce qu'on comprend, selon ce que M. D'Amour a indiqué, ce sera difficile dans le contexte actuel des compressions de donner l'aval à l'ensemble du projet. Il est cependant ouvert à regarder les possibilités », souligne Mme Méthot.

De nouveaux échanges sont prévus dans un mois.

Le projet de modernisation, qui a été sur la table à dessin durant deux ans, a permis d'identifier « le meilleur projet possible » et il permettra de voir de quelle manière il pourra être réalisé.

« Notre environnement physique est complexe et non fonctionnel. On a espoir qu'on aura un projet qui va naître de ces réflexions et discussions », souligne-t-elle en précisant qu'il serait difficile de faire des travaux à partir du bâtiment actuel, qui a été construit en 1970.

En février 2012, le ministre de la Santé de l'époque, Yves Bolduc, avait annoncé les travaux à hauteur de 10 M$. En mai 2013, l'ex-première ministre Pauline Marois s'était déplacée à Gaspé pour indiquer que les travaux étaient maintenant évalués à 14 M$.

4 commentaires

Dany Brown a écrit le 25 septembre 2014

Quand le Gouvernement investit des millions, 1 an après, ces millions sont revenus dans le coffre de l'état. On paie des salaires à des professionnels et des ouvriers d'ici qui paient à leur tour des taxes et des impôts au gouvernement. On achète des matériaux et de l'équipement qui aussi vont retourner cette argent rapidement au Gouvernement via les impôts et taxes multiples. Profitez de l'occasion, arrêtez de râler, vous aller avoir un petit coup pouce sur votre économie qui est en train de mourrir

Jessie Thériault a écrit le 25 septembre 2014

Qui va payer ce dépassement de coûts? ultimement, c'est nous, les contribuables! Et dire que certains s'opposent à la cimenterie et aux impôts qu'elle va générer! L'État et ses généreux programmes reposent sur les entreprises et leurs travailleurs. Si on créait plus de richesse au Québec, non seulement aurions-nous moins besoin d'investissements en santé (et en justice...), mais ce genre d'investissement de 27M$ serait un "pète"... 5$, c'est pas cher... mais c'est cher en maudit pour celui qui ne l'a pas dans ses poches! Continuons de nous opposer au développement de la richesse, des entreprises et des emplois! C'est très gagnant comme stratégie! La santé y passe, le train passe pu, l'éducation est la prochaine, la protection de la faune n'a que son nom de vrai maintenant et c'est pas fini! Ce n'est qu'un début, les vraies coupures on les a pas encore vues! Et jusqu'aujourd'hui, on a rien vécu, la vraie misère est pas encore venue!

Gaston Langlais a écrit le 23 septembre 2014

Bonsoir, Ce sont les mêmes chiffres. C'est l'ordre de présentation qui a changé, une habitude bien ancrée au Québec. Gaston Langlais - Gaspé.

Jean-François Samuel a écrit le 23 septembre 2014

Ça fait penser au métro de Laval comme estimation des coûts...

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