Santé, services sociaux et communautaire

DPJ : signalements en hausse, budget en baisse

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Le Centre jeunesse Gaspésie/Les Îles (sur la photo : l’unité La Vigie de Gaspé) doit traiter un nombre croissant de signalements.

Le Centre jeunesse Gaspésie/Les Îles (sur la photo : l’unité La Vigie de Gaspé) doit traiter un nombre croissant de signalements. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ – Alors que les signalements reçus ont augmenté de 22 % depuis 2010 en Gaspésie/Les Îles, le Centre jeunesse (CJ) a dû réduire son budget d’environ 10 %. L’organisation s’inquiète des rumeurs de coupes dans les services aux enfants et enjoint Québec d’épargner ce pan de la population.

La directrice de la protection de la jeunesse Gaspésie/Les Îles, Linda Keating, a livré ce message à l’occasion du bilan annuel de la DPJ, lundi à Gaspé. « On est inquiets d’entendre mentionner l’aide aux devoirs, les petits déjeuners et les garderies parmi les compressions budgétaires. […] Nous, on reçoit l’impact de ce qui n’a pas été fait en amont : les problématiques deviennent plus lourdes et l’État doit s’en mêler. »

En 2013-2014, la DPJ régionale a traité 1301 signalements, une hausse de 3 % par rapport à l’année précédente, et de 22 % par rapport à 2010. Le nombre de signalements retenus cette année s’est établi à 631, soit 10 % de plus qu’il y a quatre ans.

Environ 47 % des enfants pris en charge le sont pour cause de négligence ou de risque sérieux de négligence.

Depuis 2010, le Centre de jeunesse Gaspésie/Les Îles a dû retrancher 1,4 M$ à son budget, qui avoisine les 14 M$. Pour la seule année financière 2014-2015, il doit éponger des compressions de 658 000 $.

« On a beaucoup coupé au plan administratif et on est rendus à la moelle épinière, mentionne Mme Keating. Dans les services aux jeunes, on est OK pour l’instant, mais c’est fragile. »

Si jamais la DPJ recevait un surcroît de signalements, elle n’aurait pas les moyens d’embaucher le personnel pour répondre à la demande, signale la directrice générale du Centre jeunesse, Lise Bernatchez.

Par ailleurs, le CJ a réussi à combler un poste d’intervenante bilingue dans Bonaventure, un manque qui avait allongé la liste d’attente en 2013. « La liste d’attente est maintenant très petite, avec quelques cas seulement », indique Mme Keating.

« N’ayez pas peur d’appeler »

Une mère de Grande-Rivière, Ghislaine Moreau, a témoigné de son expérience avec la DPJ. « Ma fille avait des problèmes de consommation, mais j’avais peur d’appeler au Centre Jeunesse, peur de me faire enlever ma fille. »

Aujourd’hui, après quelques séjours au Centre jeunesse, la fille de Mme Moreau va beaucoup mieux. « Je ne regrette pas [d’avoir contacté le CJ]. Je veux dire aux parents de ne pas avoir peur d’appeler. Et de ne pas attendre. Plus tu attends, plus c’est grave. »

2 commentaires

wendall zanth a écrit le 28 septembre 2014

tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2014/07/ 20140705-080458.html wtf ? http://globalnews.ca/video/863926/batshaw-sexual-abuse-allegations/

Jessie Thériault a écrit le 25 septembre 2014

La DPJ est condamnée à l'avance... je vous fais la prédiction; tant qu'il n'y aura pas plus de création de richesse en Gaspésie et au Québec, les cas vont être plus lourds et plus fréquents et les coupures le seront également! Directement proportionnel! Sans compter les effets sur les travailleurs mêmes de la DPJ... épuisements professionnels, démissions, stress, taux de roulement élevé, difficulté à combler les postes... Je lève mon chapeau à toute l'équipe de la DPJGÎM qui fait des miracles dans des conditions qui sont de moins en moins faciles et évidentes.

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